Nous débutons la journée et la passons en entier à courir les hôpitaux de la ville de Reykjavik pour y effectuer une série de tests médicaux afin de nous assurer de l’état de santé de Daphné. La grisaille nous accompagne et nous utilisons le taxi pour nous déplacer; le moyen de transport le plus dispendieux du pays. 6 000 ISK en déplacement en taxi (pour environ 30 kilomètres); 30 000 couronnes islandaises (ISK) de plus pour la consultation médicale; un autre 5 000 ISK pour un test; le taux de change que nous recevons pour un dollar canadien est de 57 ISK.
Nous allons recevoir les résultats médicaux d’ici quelques jours.
Reykjavik (ne prononcé pas le « y » et le « j » ) est la capitale de l’Islande et compte plus de 100 000 personnes (290 000 pour le pays). Pour les européens, cette ville ressemble à une ville américaine; pour nous à une ville européennes à l’accent américain. Ici, on est fier d’afficher des marques tel qu’Esso, Coca-Cola et tous les restaurants de mal bouffe (Mac Donald, PFK, Subway…). Il y a beaucoup de pavés pour les rues et les trottoirs et l’art est présent partout. Tout y est d’une modernité à faire pâlir d’envie toutes les villes de haute technologie de Silicon Valley.
Le quai où nous sommes est plus conviviale que celui du club privé car il est accessible au public. Les gens semble attirés par le plus petit bateau du groupe ou par son équipage … Nous l’appelons « le quai international « pour la variante de drapeaux qui y flottent.
Depuis hier, nous avons fraternisé en français avec deux bateaux : Un de France et un autre de Suisse; je crois qu’ils souhaitaient davantage que nous, parler en français. Pour eux, le dernier bonjour entendu remonte à la fin juin. Il faut préciser que nous sommes les premières personnes parlant avec un étrange accent leur langue; il nous faut « sous-titrer » certaines de nos phrases et en expliquer le pour et le contre car, notre français utilise encore un vocabulaire oublié, quelques mots seulement (tout de même), depuis plusieurs siècles par nos homologues. Certaines tournures de phrases prennent des allures qui nous font sourciller les yeux de part et d’autre.
Pascal (cardiologue), notre connaissance française et nous se donnons rendez-vous à Reykjavik fin juin 2004 pour effectuer la traversée vers le Groenland. Il navigue en solitaire. Son bateau est plus grand que le nôtre, donc plus rapide, mais on verra bien ce que cela va donner à ce moment-là. Ce qui est important c’est d’engranger des projets pour l’avenir.
Du coté Suisse, c’est Peter avec son voilier Imram (www.sailworks.net/imram) qui me fait saliver d’envie avec son bateau d’aluminium spacieux; près de 13 mètres de long, deux fois plus large que le Carrick et avec un tirant d’eau d’un mètre. Nous échangeons les invitations de part et d’autre. Peter est architecte en bâtiment et riche de nombreuses années de navigation a conçu la totalité des aménagements de son bateau; seule la coque a été construite en chantier.
D’un autre coté, la visite de tout ces bateaux et les échanges qui en découlent, nous consolent sur notre sort car, tous ont à gérer toutes sortes de problèmes et il semble que tous les bateaux transpire la condensation à différentes intensité au grand dam de leur propriétaire. Alors si vous voulez connaître une des activités des skippers de bateaux une fois attaché à quai : c’est de chercher d’où vient cette maudite eau.
Nous découvrons notre première source thermale islandaise; c’est un lieu de haute importance pour le peuple Islandais. Piscine à ciel ouvert maintenu à 370 entouré de bassins où l’on peut s’asseoir avec de l’eau jusqu’au niveau des épaules; les températures augmentent graduellement et se rendent jusqu’à 410; pour compléter le tout un immense sauna viendra à bout des plus résistants en moins de 10 minutes. L’hygiène y est au premier rang et tout les utilisateurs doivent passer sous la douche et se savonner de façon bien précise; les cheveux y compris.
Moi, je recherche les bassins avec les puissants jets d’eau qui vous masse les muscles; wouah!
Les islandais tire 80% de leur besoin énergétique à partir de centrale géothermique pour la production d’électricité et pour le chauffage des maisons et des piscines. C’est-à-dire qu’à partir d’un savant forage du sol où est enfoui tout un réseau de tuyaux dans lequel est pompé de l’eau froide, cette dernière revient sous forme de vapeur qui actionne des turbines produisant de l’électricité et le « rejet » de cette production reviens sous forme d’eau chaude qui chauffe les maisons et autres bâtiments. L’eau chaude coule sans retenue en Islande au grand plaisir des utilisateurs. Cette énergie n’est captable que le long de la faille continentale qui coupe le pays en deux et qui recèle une activité volcanique intense. Dans plusieurs millions d’années, l’Islande aura les dimensions d’un continent.
J’avais lu sur le sujet et je ne croyais jamais vivre en direct le phénomène que sont les vendredis et les samedis soirs islandais « Jammà ou Runtùr »; pour Reykjavik seulement. Les Islandais sortent dans les bars tous les soirs de fin de semaine à partir de 23h00 et ce que jusqu’à leur fermeture, soit, 5 heures du matin ! Pour un bon groupe de jeune, c’est à qui boira le plus vite pour se saouler; la bière n’a que 2,5% d’alcool. Par contre, l’alcool à 40% y est consommé à la bouteille de 750 ml et plus, directement au goulot de ces dernières. Les gens entrent et sortent dans les bars avec les verres ou les bouteilles du bar précédent et cela sans arrêt. Le verre cassé se retrouve partout, autant à l’intérieur des bars que partout dans les rues. Nous avons observé un grand nombre de personnes pousser ou carrément jeter une bouteille ou un verre en bas d’une table, en bas d’un escalier ou à l’autre bout de la pièce; ce comportement n’attire l’attention de personnes; autre que les étrangers comme nous! Mieux vaut éviter les sandales aux orteils nues lors de ces sorties.
Aussi, il semble qu’un islandais ou une islandaise n’est pas de race pure s’ils n’ont pas un téléphone cellulaire en constante utilisation; que ce soit à 3 heures ou 5 heures du matin. D’autre part, on ne s’étonne plus de voir une fille accroupie dans le milieu de la rue en train de pisser ou encore un gars de faire de même sur une vitrine de magasin, le cellulaire à l’oreille, et regardant partout autour de lui, ou en tentant d’entrer en conversation avec vous.
Précieux arbres arrachés par un fêtard éméché ou constant bruit assourdissant des pneus qui crissent sur le pavé encouragé par une la pétarade de moteurs bruyants avec en son de fond, les klaxons, font partie de l’ambiance.
Aussi, on y voit défiler toutes les tenues des dernières modes et tendances. Ne vous étonnez pas de vous voir constamment poussé sur la piste de danse; apparemment, c’est un comportement normal de supériorité. Si vous résistez et faites le mur, cela ne dure pas longtemps par contre, le contraire vous suivra tout au long de la soirée. Heureusement que nous avions rencontré un ami islandais, à la piscine, Smari (se prononce Smarley), qui nous guidait et nous « éduquait » sur les us et coutumes de ce genre de soirée.
Moi, je n’ai pu attendre la fermeture des bars pour rejoindre le carré du bateau car j’en avais marre d’être pris en chasse par un éclairé qui croyait que j’étais le sauveur du monde musulman. J’ai peut-être de la bedaine mais, je ne suis pas Ben Laden.
Arpenter les rues à 8 heures, le lendemain matin et il ne reste plus aucunes traces des échos d’il y a quelques heures à peine. Quand même efficace le service de nettoyage.
Le phénomène se vie de la même façon les jours de semaine mais, en moindre intensité car les bars ferment à 1 heure du matin les autres soirs de semaine.
Il va de soit que le lever fut tardif après la « Jammà ». Le reste de la journée se passe à laver le linge et à s’occuper de son séchage car, les nuages s’ébrouent à chaque heure.
Autre journée de récupération d’énergie. Visite d’une autre source thermale qui nous réchauffent par ce temps constamment pluvieux. La température extérieure varie entre 110C et 140C mais le taux d’humidité oscille toujours entre 90% et 95%.